howard-vincentJe suis un Anishnabe et j’appartiens à la bande du Lac Seul. J’ai eu une vie intéressante. De 1963 à 1980, je vivais dans la rue, ce qui veut dire alcool, drogue et toutes ces belles choses. Depuis 1980, je travaille pour transformer ma vie. Je suis sobre et j’ai arrêté la drogue. Je m’efforce de guérir mes traumatismes d’enfance et d’aider les autres.

Je travaille actuellement dans la communauté de Tachet dans la Nation du Lac Babine, dont le siège social est au Lac Burns en Colombie-Britannique. Dans le cadre de mon travail, j’offre des services de conseil et de soutien en santé mentale, toxicomanie, deuil et traumatismes historiques. Je suis aussi intervenant en situation de crise. Depuis que j’ai commencé mon travail en 1996, j’ai rencontré beaucoup d’individus qui faisaient face à de nombreux problèmes de santé, y compris les maladies rénales chroniques (MRC). Beaucoup de gens comme moi ont besoin ou avaient besoin d’un vrai appui de la part du personnel de santé pour que nous puissions accepter que nous vivions avec une maladie chronique et que nous devons la prendre très au sérieux.

Cela fait environ 5 ans que je sais que quelque chose ne va pas avec mes reins. Mon médecin à l’époque me disait que mes reins « éliminaient des protéines ». À cette époque, je pensais que c’était parce que je prenais trop de Tylenol pour tous mes maux et douleurs. Je n’avais pas la moindre idée que les maladies rénales existaient. En outre, s’il y avait une telle chose, c’était seulement les autres qui devaient vivre cette maladie, pas moi.

Lorsque le Dr John, mon médecin actuel, m’a annoncé cette nouvelle, il s’est passé deux choses : 1) je suis entré dans un déni total. Je pensais qu’il me disait que je POURRAIS avoir une MRC si je ne faisais pas attention à mon diabète et gardais mon taux de sucre à un niveau acceptable, et 2) je suis entré en un état de choc à mesure qu’il expliquait avec détail ce que signifiait le fait d’avoir une MRC, et les conséquences éventuelles si je ne prenais pas ma santé au sérieux.

Je suis actuellement diagnostiqué avec une MRC causée par mon diabète. Je vis au jour le jour CONSCIENT que j’ai une MRC, et que j’en contrôle toujours les conséquences. C’est à moi et à personne d’autre de vérifier mon taux de glycémie tous les jours, et de le maintenir à un taux de 4 à 8, de surveiller plus attentivement mon régime alimentaire, de faire des analyses de sang régulièrement et de me reposer beaucoup.

Après avoir été diagnostiqué, j’ai choisi de participer à l’initiative Can-SOLVE CKD comme patient partenaire. Nous sommes un groupe divers venant de partout au Canada. Notre objectif est d’offrir les meilleurs soins et le meilleur traitement possible aux personnes atteintes d’une MRC. Je me suis impliqué grâce aux encouragements du Dr John. Je suis très positif sur mon engagement pour améliorer les soins apportés aux personnes atteintes d’une MRC.

En juin 2015, j’ai assisté à ma première réunion et on m’a ouvert les yeux. J’ai entendu des histoires de gens atteints d’une MRC, des aidants, des membres de la famille, des proches et d’autres personnes qui ont assisté. On nous a présenté des projets de recherche potentiels et nous avons eu l’occasion de poser des questions et d’évaluer les projets.

Personnellement, participer aux activités de Can-SOLVE CKD jusqu’ici a été une expérience vraiment émouvante alors que je vivais les graves conséquences provoquées par les MRC. Je me sens éclairé et inspiré comme si une nouvelle voie s’ouvrait à moi. M’impliquer dans le réseau Can-SOLVE CKD me permet de sensibiliser et de communiquer avec tous ceux qui vivent une maladie rénale chronique, surtout les individus marginalisés de notre société. Ils ont besoin de soins, d’amour et de connaissances sur les MRC pour avoir la chance d’avoir une belle vie.